Faut-il encore miser sur le charisme pour être un bon leader en 2025 ?

Spoiler : oui, mais pas comme avant.

Pendant longtemps, le leadership a été associé à une forme de charisme magnétique : une capacité à captiver, convaincre, motiver les foules. Le leader "idéal" avait de l’allure, de la voix, une vision, et souvent, un ego bien affirmé. Et il y a du vrai là-dedans. Le charisme reste un levier puissant d’influence et d’inspiration. Il crée de l’émotion, capte l’attention, et peut donner un élan décisif à une vision. Mais en 2025, ce n’est plus suffisant. Le contexte a changé, les attentes aussi.

Le monde du travail est devenu plus complexe, plus incertain. L’horizontalité, la collaboration, l’inclusion ne sont plus des tendances, mais des fondations. Et dans ce nouvel environnement, le leader n’est plus un surhomme : c’est un facilitateur, un architecte de relations, un catalyseur d’énergie collective.

🔍 Ce que nous dit la recherche sur le charisme

Selon une étude du MIT Sloan Management Review (2022), le charisme seul ne permet pas de prédire la performance d’un leader. Ce qui fait la différence, c’est sa capacité à générer de la confiance, à favoriser la participation, et à créer un environnement sûr pour ses équipes.

C’est ce que confirme également l’Harvard Business Review, qui distingue deux formes de leadership charismatique :

  • Le charisme narcissique, qui attire mais peut nuire à la culture et à l’autonomie des équipes,

  • Le charisme authentique, qui repose sur la sincérité, la congruence et la cohérence entre les actes et les discours.

🧠 Le point de vue d’Olivier Sibony : méfions-nous des illusions

Dans ses travaux sur les biais cognitifs, Olivier Sibony rappelle que nous avons tendance à surinterpréter les qualités visibles : prestance, éloquence, posture… Il évoque notamment l’erreur fondamentale d’attribution :

"Nous surestimons le rôle des individus dans les succès collectifs et sous-estimons l’influence du contexte, du système ou du hasard."

Autrement dit : nous aimons attribuer les succès à des leaders charismatiques, même si ce n’est pas eux qui en sont les vrais artisans. Ce biais alimente le culte de la personnalité… au détriment du collectif.

Autre biais : l’effet de halo. Un individu perçu comme compétent sur un registre (par exemple, la prise de parole en public) sera perçu comme globalement excellent. Cette illusion peut conduire à sous-estimer d’autres qualités moins visibles mais cruciales, comme l’écoute, l’empathie, la capacité à créer un cadre de sécurité psychologique.

🚀 Vers un leadership plus incarné, plus collectif

Le monde du travail de 2025 est incertain, mouvant, traversé par des transformations majeures : climatiques, technologiques, sociales. Dans ce contexte, le leadership doit être moins spectaculaire et plus relationnel. Moins centré sur la performance individuelle, plus tourné vers la coopération, l’inclusion, et la responsabilisation.

Les leaders qui inspirent aujourd’hui sont :

  • Clairs sur leur vision, mais à l’écoute des signaux faibles

  • Alignés sur leurs valeurs, mais capables d’adaptation rapide

  • Portés par un ego sain, mais ouverts à la remise en question

Comme le note Amy Edmondson (Harvard), spécialiste de la sécurité psychologique :

"Un bon leader n’est pas celui qui a toutes les réponses, mais celui qui crée un espace où chacun ose poser des questions."

Et selon l’étude Google Project Oxygen, les meilleurs managers sont ceux qui :

  • Écoutent activement

  • Développent leurs collaborateurs

  • Communiquent clairement les attentes

  • Montrent de l’intérêt sincère pour le bien-être de leurs équipes

🔁 Leadership : de l’individu à l’équipe

Le leadership n’est plus l’affaire d’une seule personne. Il devient distribué, partagé, horizontal. On valorise aujourd’hui des pratiques comme :

  • Les comités de décision transverses

  • La reconnaissance entre pairs

  • Le leadership par les actes plus que par le statut

Ce changement de paradigme est fondamental : on passe du pouvoir incarné au pouvoir partagé.

Cela ne veut pas dire qu’il faut renoncer au charisme. Mais il faut l’ancrer dans l’authenticité, l’éthique, et la capacité à mobiliser au service du collectif. Le charisme n’est pas inutile. Il devient un moyen, non une finalité.

💼 Ce que cela implique pour les RH et les managers

  • Former les managers à un leadership relationnel et émotionnel

  • Encourager les leaders à rendre visibles leurs vulnérabilités et doutes

  • Systématiser des espaces d’écoute et de co-construction

  • Valoriser les postures de service, de facilitation, de transmission

  • Évaluer les leaders non seulement sur leurs résultats, mais sur leur impact humain et culturel

C’est exactement ce que nous transmettons dans notre Bootcamp Management par le Care : un espace pour expérimenter une posture de leader authentique, incarnée, exigeante mais humaine.

💬 En conclusion

Le charisme reste utile, mais ce n’est plus une fin en soi.

Le leader de 2025 n’est pas une star. C’est un tisseur de liens. Il inspire par sa cohérence, pas seulement par ses mots. Il fédère sans dominer. Il incarne sans écraser.

Et surtout, il sait que le vrai pouvoir, aujourd’hui, c’est de faire grandir les autres.

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